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LA CATHEDRALE SAINTE-MARIE D'AUCH
 
2ème partie | 1 ère partie |

Élaboration du plan
Vitraux
Le Chœur et les Stalles
Les orgues
Conclusion
Bibliograhhie

ÉLABORATION DU PLAN
 
 
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De style gothique, l'édifice a un plan initial en forme de Croix, son très vaste volume intérieur rappelle un tombeau mais la résurrection en est le projet final.
Ceinte de chapelles, trait du gothique méridional, la cathédrale s'inscrit néanmoins dans la série des édifices inspirés des modèles septentrionaux.
Elle comprend un ensemble de 21 chapelles : 10 dans les nefs et 11 au chevet.
Le premier architecte à concevoir le plan de la cathédrale fut Jean Marre, architecte moine à qui on doit notamment la cathédrale de Condom.
Il conçut un plan grandiose à réaliser progressivement. Ce serait une cathédrale gothique à trois nefs (une principale au milieu et deux secondaires) avec un chevet particulièrement développé. Tout naturellement la poussée des ogives serait neutralisée au niveau des basses nefs par des contreforts, et au niveau des hautes nefs par des arcs-boutants reposant sur ces contreforts.
Il était pratiquement impossible de s'étendre au nord de la cathédrale, et à l'Ouest, ce qui est la place actuelle ne fut dégagée qu'en 1760. Il fallu donc empiéter au Sud sur la chanoinie et à l'Est, gagner sur une pente abrupte. D'où la construction de la crypte.
La partie extrême du chevet repose donc sur un soubassement des plus solides.

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VITRAUX
 
Les chapelles du déambulatoire ont été dotées de 18 vitraux (miraculeusement conservés), effectués par Arnauld de Moles, originaire de Saint-Sever dans les Landes.
Formant un ensemble homogène et cohérent de grandes verrières (le mot verrière convient mieux car ils occupent au maximum la surface murale), ils sont jugés comme les plus beaux de la renaissance.
L'essentiel de chaque fenêtre est occupé par une grande scène dont les personnages, plus grands que nature, sont posés dans un cadre architectural, où les motifs d'importation italienne dominent largement, sans avoir totalement chassé le flamboyant. L'artiste a organisé ses compositions de façon très simple afin qu'une grande figure se déploie sur chaque lancette.
Jusqu'alors le vitrail était resté une surface plane ; désormais, la perspective s'y introduit et s'y installe, d'abord par des semblants de niches, ensuite par des reproductions de décors, et enfin par des fonds de paysage de plus en plus lointains.
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D'autre part, nous y trouvons un scénario, une mise en scène, un décor, et parfois un fond musical, qui marque le reflet d'une culture, d'une certaine sensibilité humaine, celle de notre Europe de la Renaissance.
Nous y retrouvons alors la permanence d'un certain optimisme.

Il lui faudra 10 ans pour exécuter les 18 verrières, représentant l'histoire du monde au travers de l'ancien, et du nouveau testament, des scènes répandues en France après les guerres d'Italie. Ces vitraux rassemblent ainsi sur un même espace, des personnages d'origines diverses : patriarches, prophètes, apôtres, sibylles.
Inspirés du théâtre religieux de l'époque, les vitraux donnent à voir une mise en scène des textes sacrés, animés de personnages aux grands traits, et aux couleurs teintes dans la matière, changeant au gré de la lumière extérieure. Ce style, assorti de détails, de costumes, de verres gravés, et de sertissages, a été imité à de nombreuses reprises dans la région.

D'après les légendes locales, les commanditaires de l'édifice, auraient fait crever les yeux du maitre-verrier, afin qu'il ne puisse s'inspirer de son chef d'œuvre, pour réaliser une fresque similaire. C'est à la cathédrale d'Auch, que se trouvent les plus grands, et les plus beaux vitraux du midi, et ce qui impressionne dans cet ensemble, est moins l'apparition précoce de motifs italiens, que le sens de la monumentalité.
 
Mais ce n'est que cent ans plus tard, que les autres fenêtres commencèrent à être pourvues de vitraux à leur tour, au fur et à mesure qu'avançait la construction de l'édifice. En 1620, les hautes fenêtres du chœur, reçurent enfin leurs vitraux. Ils avaient été exécutés par François Bierges, verrier d'Auch, et par Pierre Autipout, verrier de Gimont. Quelques années plus tard, en 1641, cette même personne, posait les vitraux des fenêtres hautes de la nef, ainsi que les trois rosaces.
Les fenêtres basses de la nef furent les dernières pourvues. C'est un verrier Flamand , Jacques Damen qui s'acquitta de cette tâche en 1648.
 
 
Variété des styles :
 
Dans tous les vitraux, placés après 1620, on retrouve les mêmes caractéristiques, bien que les auteurs soient différents.
Apparemment, ce ne sont pas vraiment des verres peints, tels ceux d'Arnauld de Moles, mais plutôt des verres blancs. Les goûts avaient donc changé. D'autre part, on voulait peut-être plus de lumière à l'intérieur de l'édifice. Mais surtout, après le concile de Trente (1563), les autorités de Rome, avaient mis un frein à l'utilisation des images dans les églises.
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Interprétation des 3 principaux vitraux traités lors de l'exposé :
 
Verrière de la chapelle n°11 : celle du Purgatoire  
 
 




Thème général : les 6 jours de la création, et le septième jour.
Hélas ! avec le péché, le mal est entré dans le monde.
Cependant une rédemption s'annonce : le jour du Seigneur viendra.
En haut, sous l'arc, en plein cintre : Dieu préside à la naissance du monde, à la création d'Adam et Eve.
Dans le soubassement : ils sont chassés du paradis, puis vont travailler ;
Caïn tue Abel.
Les 6 jours de la création et le septième jour  
 
Verrière de la chapelle n°16 : celle du Saint-Sacrement
 
Thème général : la Crucifixion, la Croix de Jésus.

En sa présence, plusieurs réactions possibles : le scandale jusqu'au rejet ou l'acceptation confiante.
Dans les ogives, les trois fleurs de lis, sur un fond bleu ciel tout étoilé, sont une évocation du blason royal.
Vitrail n°1 : Isaïe, l'apôtre Philippe, Michée.
Vitrail n°2 : Au premier plan, d'une profonde et harmonieuse perspective, Jésus sur la croix. Marie, sa mère, l'apôtre Jean et Marie-Madeleine, lui tienne compagnie. Cette crucifixion se situe dans un rectangle doré, autrement dit, dans deux carrés superposés. Le carré est symbole de la stabilité. Une forte stabilité intérieure se devine en effet, dans les regards tournés vers le crucifié.
Vitrail n°3 : David, l'apôtre Jacques le Majeur, en costume de pèlerin vers Compostelle, Azarias.
Verrière de la chapelle n°21 : celle de Notre-Dame.
  La Crucifixion, la Croix de Jésus
 
Thème général : la Résurrection de Jésus, à la fois un sommet et un chemin.

Elle est surtout un accueil, toujours offert, selon les trois apparitions représentées. Personnage en pied : l'apôtre Thomas, le Christ, Marie-Madeleine.
Plus bas, dans une frise intermédiaire qui court sur toute la largeur du vitrail : la date de cette œuvre (1513), et l'hommage de l'artiste.
Dans le soubassement : les disciples d'Emmaüs et ,sur le cartel de droite, le nom d'Arnauld de Moles.
  La Résurrection de Jésus  
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LE CHŒUR ET STALLES
 
Le chœur apparaît comme une autre église dans la cathédrale.
Complètement clôturé, il donne l'impression d'un lieu retiré, comme une espèce de désert symbolique. Le chœur, c'est surtout les stalles : on en compte 113. Elles sont en bois, en cœur de chêne. La pluralité des thèmes abordés dans les sculptures, entraîne une rencontre entre la ferveur mystique du moyen-âge, et l'humanisme très accueillant de la Renaissance.
Ce gigantesque chef d'œuvre de huchiers, demanda 50 ans de travail, terminé en 1554. Leur ornementation est sculptée dans le chêne, où plus de 1500 motifs ont été répertoriés, mêlant les thèmes de la bible, de l'histoire profane, de la mythologie, et de la légende. Notons qu'elles ont inspiré, celles de Saint-Bertrand de Comminges. Issues d'un grand souffle italien, propagé dans la région par l'art Toulousain, ces Stalles sont d'une ampleur, et d'une qualité sans équivalent en France.
 
Le chœur Les stalles
Un retable ferme le chœur, à l'Est, datant du XVIIème siècle.
Il est dû au sculpteur auscitain Pierre Souffron II, qui entreprit cette œuvre monumentale en 1609.
Il est de style classique, très influencé par le maniérisme italien.
Sur fond de pierre, orné de pilastres cannelés, s'ordonnent, en avancement, 22 colonnes, ou colonnettes de marbre, parmi lesquelles, sont logées des niches. Pendant les offices, il servait pour les lectures et la prédication.
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LES ORGUES
 
La cathédrale est pourvue de deux orgues : le grand orgue de Jean de Joyeuse, et l'orgue de l'avant-chœur.
Le grand orgue de la cathédrale d'Auch, compté parmi les plus beaux de France, est installé sur une vaste tribune, à l'extrémité Ouest, de la nef centrale. Sa construction est due, à un illustre facteur d'orgue du XVIIème siècle : Jean de Joyeuse, né vers 1635, et mort en 1698. Par lui, la facture d'orgues parisienne, a pénétré dans le midi de la France. En 1688, Joyeuse gagne Auch. Il construit le buffet en bois de châtaignier, et les tuyaux en étain fin. En 1694, l'installation était parfaitement achevée.

L'orgue de l'avant-chœur, est témoin d'une autre époque : l'époque romantique (XIXème siècle).
Il fut construit par Aristide Cavaillé-Coll, et se dresse au centre de la cathédrale, dans le carré du transept, ou il couronne l'ensemble monumental, qui s'adosse au côté ouest des stalles du grand chœur.
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CONCLUSION
 
Grâce à son architecture très dépouillée, d'une grande unité et à l'harmonie de ses proportions, élevée de la fin du XIVème siècle, à la fin du XVIIème, la cathédrale d'Auch, se présente comme un écrin pour un mobilier luxueux, destinée à honorer Dieu, par de superbes œuvres d'art, à perpétuer la mémoire de ses prélats, et de ses artistes. Réputées pour ses grandes dimensions, ses stalles aux 1500 motifs, la richesse de son mobilier, l'édifice ressemble à un vaisseau du nord, égaré dans le midi.
 
Certains connaisseurs, n'hésitent pas à comparer les envolées bibliques de ces dernières, avec les exceptionnelles fresques peintes par Michel-Ange, sur les voûtes de la chapelle Sixtine à Rome.
Dans les deux cas, il s'agit d'une expression parfaite, du meilleur esprit de la Renaissance, dans le domaine de la foi chrétienne.
Nos maîtres à penser étaient-ils à Auch ? peut-être, mais leur pensée venait d'ailleurs. Ce sont les architectes de l'Ile de France et des grands chantiers de Nord, qui vinrent introduire le nouveau style architectural, dans le midi de la France.

En effet, à la fin du XVème, et au début du XVIème siècle, la cité fut particulièrement privilégiée. Le Cardinal Clermond-Lodève, archevêque d'Auch, était le propre neveu de Georges d'Amboise, le ministre très écouté du roi de France. De plus, le Cardinal sera désigné, comme ambassadeur du roi de France, auprès du Pape à Rome, au carrefour de la Renaissance italienne.
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BIBLIOGRAPHIE
 
 
TITRES AUTEURS EDITIONS
Cathédrales de France Jen-Marie Oudoire Minerva 1998
La France des cathédrales : du IVs au XXs Michel Chevalier Rennes 1997
Cathédrales de France : Art / Techniques / Société André Pierre Paris 1962
Cathédrales et trésors gothiques de France Marcel Aubert Paris, Arthaud 1971
Cathédrales méconnues de France Frédéric Van Der Meer Paris 1978
Dictionnaire des cathédrales de France Michel Florissone Larousse 1971
La France gothique par les cathédrales Werner Schafke Arthaud 1990
Les plus belles cathédrales de France François Collombt Paris 1997
Une visite à Sainte Marie d'Auch Christian Lacour Lacour Rediviva
Etude descriptive de Sainte Maire d'Auch Abbé Caneto Lacour Ollé 1997
Sainte Marie d'Auch F. Caneto Lacour Ollé 1992
L'art Français : temps moderne 1430-1620 André Chastel Flammarion 1994
L'art de la renaissance en France Henri Zerner Flammarion 1996
Du moyen-âge à la renaissance : du IVs au XVIs A. Erlande-Brandenburg Mengès 1995
Stalles et vitraux de la Cathédrale d'Auch Raymond Montagné Loos 1996
 
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Carole HALAIS
Exposé réalisé en cours d'Histoire de l'Architecture en 2002
Deuxième année / École d'Architecture Paris la Villette





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